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jeudi 22 novembre 2018

Suite Exposition Picasso au Musée D'ORSAY le 26 09 2018 VERS LE BLEU




 
 Suite Exposition Picasso au Musée D'ORSAY le 26 09 2018



Vers le bleu
Après le succès de l'exposition Vollard, l'automne 1901 marque pour le jeune peintre une période de retour sur soi et une réorientation de son art. Parallèlement au cycle de toiles directement liées à la mort de Casagemas, il signe un ensemble d'oeuvres poignantes marquées notamment par l'apparition de la figure d'Arlequin.

Picasso décline son Arlequin accoudé, pensif à sa table de bistrot, dans un ensemble de toiles aux formats et aux thèmes comparables. Leur iconographie emprunte à la fois aux scènes de café parisiens d'Edgar Degas ou d'Edouard Manet, et au monde des saltimbanques qui envahit bientôt son univers pictural.

Mais c'est à Henri de Toulouse-Lautrec, dont il vient d'apprendre la mort, que Picasso emprunte surtout l'audace des compositions en arabesques. Les cernes sombres et les aplats de couleur confèrent à ses toiles une "impression de vitrail" soulignée par le critique d'art Félicien Fagus en 1902.

De la tristesse et de la douleur"
A l'automne 1901, Pablo Picasso se rend à la prison pour femmes de Saint-Lazare à Paris. Les détenues sont pour la plupart des prostituées, dont certaines sont recluses avec leur enfant. Les femmes atteintes de maladies vénériennes sont coiffées d'un bonnet comme signe distinctif. Ces visites sont le point de départ d'une série de toiles autour du thème de la maternité durant les derniers mois de l'année.

De retour à Barcelone fin janvier 1902, l'artiste continue à peindre des figures féminines qui constituent autant d'images de la solitude et du malheur. La "période bleue" éclot, caractérisée par l'usage dominant de cette couleur, les thèmes sentimentaux et la recherche d'une expressivité dans la forme.
Les corps féminins, raides et solennels, pèsent sous le poids de courbes. Les maternités sont idéalisées et stylisées. Le bonnet des femmes de Saint-Lazare est transformé en capuchon tandis que leurs vêtements deviennent de longues tuniques empruntées aux peintures du Greco.

"Les bleus de l’abîme"
Si le terme de "période bleue" évoque immédiatement la peinture, l'art de Picasso est loin de se limiter à ce médium.
Tableaux, sculptures, dessins et gravures procèdent des mêmes recherches plastiques, d'une même quête d'expression de la douleur.

Parmi l'importante production graphique de 1902-1903, ces feuilles, à la plume ou au crayon, présentent des hommes et femmes aux corps souffrants, amaigris, et montrent la maîtrise d'une grande variété de techniques. Ils révèlent la virtuosité d'un Picasso dessinateur.
Les toiles offrent quant à elles de multiples variations de bleus. Pour Picasso, "c'était une nécessité intérieure de peindre ainsi", mais il a aussi sans doute aussi été influencé par son habitude de travailler la nuit à la lampe à pétrole.

En parallèle des représentations tragiques de miséreux dont les membres sont déformés comme dans les tableaux du Greco, Picasso portraiture ses amis barcelonais, portant sur eux un regard tour à tour bienveillant et sarcastique.
Picasso érotique
D'une vivacité remarquable, à la limite de la caricature, les nombreux dessins érotiques que Picasso réalise à Paris et Barcelone entre 1901 et 1903 constituent un contrepoint saisissant aux toiles graves et mélancoliques des misérables de la période bleue.
Ils prolongent l'exploration du monde interlope des bordels évoqué parallèlement en peinture par les figures des prostituées de la prison Saint-Lazare ou par le portrait de La Célestine inspiré par Carlota Valdivia, tenancière d'une maison close de Barcelone.

Longtemps restées confidentielles, ces oeuvres, pour beaucoup rapidement esquissées au dos de cartes de visite de l'entreprise de son compagnon Sebastia Juñer Vidal, introduisent l'une des premières constantes de l'oeuvre de Picasso : l'intrication permanente de l'amour et de la mort.

La Vie
Exécutée au printemps 1903, La Vie constitue l'aboutissement des recherches plastiques de Picasso depuis le début de la "période bleue". Elle recouvre Derniers Moments, l'oeuvre qui avait été présentée à l'Exposition universelle de 1900.
Les nombreuses esquisses et l'étude radiographique du tableau montrent l'évolution de la composition et des personnages. Si l'homme sur la gauche est d'abord un autoportrait, il prend finalement les traits de Carles Casagemas, l'ami de Picasso qui s'est suicidé en février 1901 par dépit amoureux. L'artiste a aussi envisagé de placer un chevalet et une figure ailée au centre.

La toile finale a fait l'objet de multiples interprétations. Elle est souvent perçue comme une allégorie du cycle de la vie, de l'enfance – incarnée par la grossesse de la femme – à la mort – symbolisée par la figure accroupie à l'arrière-plan, rappelant les préoccupations métaphysiques de certains artistes comme Paul Gauguin.



































11 commentaires:

  1. Une expo qui ne manque pas d'originalité

    Il est né dans la même ville que ma mère ...
    Bonne journée à toi l'artiste , merci pour ce bon moment

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  2. Bonjour Raymonde. Merci pour la présentation de cette exposition très intéressante. Bonne journée et bisous

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  3. magnifique Raymonde, j'en découvre plein et que j'apprécie beaucoup
    bonne journée a toi bisous ☺

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  4. bonjour Raymonde
    un petit tour au musée
    en quelques tableaux accrochés
    bises et A+ du troubadour

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  5. la période bleue, c'est ce que je préfère chez Picasso. gros bisous Raymonde. cathy

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  6. Salut,
    J'aime bien la couleur bleue.
    C'est une belle exposition.
    Il a plu cette nuit mais le ciel est dégagé ce matin
    Il fait froid alors on va se couvrir pour la manif.
    Bon week-end

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  7. Bonjour Raymonde
    c'est très bien j'ai fait une belle visite grace a toi et j'ai découvert plein de jolies choses bonne journée bisous
    Marcel

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  8. Bonjour Raymonde,

    j'aime ce travail de Picasso dans sa période dire bleue. Beaucoup d’œuvres que je connaissais. Mais presque autant que je découvre. J'ignorais la signification du bonnet sur la tête des femmes atteintes de maladies vénériennes. Quelle horreur! Quelle humiliation! Les pauvres!
    Merci pour ce long compte-rendu passionnant.
    Bises

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  9. Salut

    On a du mauvais temps alors aujourd'hui je remise le gilet jaune pour me mettre devant la télé avec mes pantoufles.

    Bonne journée

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